« Un cri du ventre », écrit par Enora Malagré

livre un cri du ventre

Salut l’ami-e, comment te sens-tu aujourd’hui ? J’ai acheté le livre « Un cri du ventre », écrit par Enora Malagré car j’ai, aussi, cette maladie qui est l’endométriose. Chez moi, elle se nomme « Suzon ». Je ne vais pas un critique du livre car il n’y a pas lieu d’être. Plutôt, rebondir sur certaines phrases, plusieurs extraits qui m’ont donnés des frissons rien qu’en les lisant.

« En société, ne pas avoir d’enfant est une maladie », page 45

Dans cet extrait, l’écrivaine est invitée chez des amis. Un dîner de cons se présente à elle. Lorsque j’ai lu ce passage, j’ai eu l’impression d’être à sa place. Un dîner où les personnes t’espionnent du regard tel un policier menant une enquête criminelle. Tu sais qu’ils sont ici pour juger quand tu entends prononcer la phrase suivante, dans la bouche de ton ami-e : « Et toi, à quand un enfant ? ».

Je l’ai entendue, des centaines de fois par certains de mes amis, par ma famille et par les médecins. De quoi je me mêle ? Encore en 2020, la femme est considérée comme une poule pondeuse. Nous sommes nées pour enfanter, même si nous ne sommes pas d’accord. Considérées à cause d’un discours machiste d’hommes mais, malheureusement à cause de femmes pensant tout savoir.

La société veut que « toi », femme, devienne une maman. Je ne vais pas te faire une dissertation dessus. Sache qu’une femme sans enfants ne signifie pas « malheur ». Certes, certaines n’arriveront jamais à en avoir un. Enora Malagré, dans son livre te partage qu’elle est en désire d’avoir un enfant mais n’y arrive pas à cause de sa maladie.

La maladie n’est pas le fait de ne pas avoir d’enfants. La maladie est le fait de ne pas réussir à en avoir à cause de l’endométriose. La femme a le droit de ne désirer de concevoir un enfant qu’elle ait une maladie ou non. Le bonheur peut se trouver ailleurs.

« Je finis par craquer pour aller aux toilettes (…) Je m’étale sur le carrelage frais (…) Je reste plusieurs minutes par terre. Changement de serviette », page 57.

Une scène qui m’a beaucoup touchée car je l’ai vécue de nombreuses fois. Je n’ai été diagnostiquée qu’ à 30 ans (il y a 3 ans). Les années antérieures ont été un enfer ! J’étais « folle » de croire que j’étais malade. Le « stress » me disaient tous les médecins.

Je me rappelle de m’être allongée sur le carrelage des toilettes de mon lycée à Saint-Germain-en-Laye. Pourtant, je ne saignais pas vraiment. Les douleurs devenaient de plus en plus fortes et incontrôlables. Je suis sortie de classe en courant pour me foutre sur le sol bien frais. Il n’y avait personne. Je priais pour que les douleurs fichent le camps.

Enora prend un comprimé à midi. Ce n’est seulement 3 heures plus tard que celui-ci commence à faire effet. Je suis passée par le Spasfon, le Doliprane et le Spifen. Rien ne passait et je m’en mordais les doigts. Mon corps résistait à ces comprimés. Une guerre entre les cellules de mon corps et de la prise de médicaments, était déclarée.

« Médecin 1, Médecin 2, Médecin 3, Médecin 4… », page 64 à 66.

J’aime ce passage puisqu’il montre le non-respect ayant fait un BAC+10 en médecine. Je grossis peut-être les traits mais j’estime que les médecins doivent écouter leurs patientes. Il est fort probable de trouver un gynécologue du premier coup. Enora en a visité au moins 5, avant de trouver le bon. Un exploit !

« Il m’avait conseillé d’aller voir un psy ». La phrase que je ne supporte plus entendre ! Est-ce-que les médecins disent aux hommes ayant mal aux couilles, d’aller voir un psy ? Non !! Alors pourquoi ne pas prendre en considération la douleur d’une femme ?

« Les bonnes femmes et vos règles, c’est toujours un poème ». Très misogyne comme phrase dans la bouche d’un professionnel du sexe féminin. Les hommes, arrêter d’étudier notre sexe si vous ne voulez pas entendre nos souffrances.

« Elle me fait comprendre froidement qu’après mes avortements il est normal de saigner davantage et d’avoir mal ». D’où est-ce normal de souffrir avant, pendant et après quelque chose ? De plus, c’est une femme ayant la parole et qui te fait douter sur tes douleurs. Mais quelle c******* !

J’ai eu au moins 3 femmes gynécologues qui ne se sont jamais doutées que je pouvais avoir Suzon (le nom de mon endométriose). Je trouve cela honteux et elles ne devraient plus exercer ce métier ou se former tous les deux ans aux nouvelles maladies.

« Cette fois, j’ai enfin le droit à une échographie ». Les gynécologues ne font pas assez d’examens pour diagnostiquer Suzon. Parfois, ça ne se voit pas sur une échographie ni sur un IRM. Par la suite, il faut opérer si c’est nécessaire. Quand j’ai lu cet extrait, j’étais soulagée pour Enora.

« Enora est-elle une animatrice valable ? « , page 80

J’ai connu Enora dans l’émission de TPMP. Je l’ai aimée de suite car c’était une personne vraie, une grande gueule, une wonder woman et une femme généreuse. Par moment, je sentais qu’elle n’était pas à l’aise sur sa chaise mais je n’y prêtais pas attention plus que ça. J’aurai dû, peut-être !

Comment un employeur peut-il humilier, devant collègues et des milliers de personnes, un de ces salariés ? « Enora est-elle une animatrice valable? » Honteuse comme question, vulgaire ! Que signifie cette question ? Que veut-il en faire ? Comment doit-on l’interpréter ? Si j’avais été un membre du groupe, je me serai levée de table afin de quitter le plateau. Enora est une femme, un être humain comme tout le monde. Elle a bien fait de donner sa démission pour une de ces raisons étant valables. Je ne regarde plus TPMP depuis celle-ci.

« Moi qui aimerais tant donner la vie, je n’accouche de rien. Je hurle de toutes mes forces, de toute mon âme pour que, si Dieu existe, il entende », pages 102-103.

Ce n’est qu’un extrait d’une partie intime d’Enora. Je me trouvais au lit lors de ma lecture. J’ai ressenti toute la douleur qu’elle expulsait. « Nous étions deux corps en enfer ». Elle a partagé cet extrait en utilisant des mots simples mais puissants. Ils ont transpercé mon cœur. Un cœur saignant l’accompagnant. Enora perd un enfant, encore un 🙁 Un combat tragique pour une femme désirant un être si précieux. Elle le « partage » avec son amie, une si « bonne » amie se sentant démunie face à cette scène. Nous les femmes, nous devons nous soutenir dans ces moments d’intimité.

« La douleur me plonge dans une sorte de transe », page 119

« Cocktail explosif, une folie : débridat + lamaline » Je me suis retrouvée dans ses propos. Je ne prenais pas le même cocktail mais je me shootais au Prontalgine et Codéine. Je ne sais pas comment j’ai réussi à tenir pendant près de 8 ans avec celui-ci. Je partais travailler la tête dans le c** et j’arrivais à travailler plus de 35h00 par semaine correctement, à rester debout toute la journée. Comme Enora, je serrai les fesses afin de ne as montrer mon malheur. Suzon, je ne savais pas qu’elle existait et pourtant elle cohabitait mon corps.

« Il y a quelques années, j’ai appelé Cyril en pleine nuit, pour être exemptée de matinale à la radio. Je venais de faire une fausse couche. Il a refusé », page 148

C’est le passage m’ayant mise très en colère. Une femme vient de faire une fausse couche et Cyril refuse qu’elle soit absente. Voilà comment le monde tourne. Je ne suis pas féministe. Cependant, je ne supporte pas cette non empathie.

J’aurai été à la place d’Enora, je serai venue (ce qu’elle a fait) sur le plateau de la radio. Cependant, j’aurai fait un scandale au micro. Rien à battre. Cyril, venez vivre un mois dans la peau d’une femme ayant une endométriose et vous comprendrez notre combat quotidien.

Enora le montre, également, ce qu’une femme peut supporter comme souffrance physique et psychologiquement. Nous pouvons combattre une maladie et être une wonder woman. Il y a aussi des hommes bons et bienveillants. Ceux-là, je les cherche encore !

Merci à toi Enora Malagré

Je te remercie, Enora, d’avoir mis des mots douloureux sur cette maladie. Il est primordial que toutes les femmes ayant une Suzon soient prises plus au sérieux. Nous sommes des femmes aimant la vie, la nôtre est compliquée. Non ce n’est pas un cancer. Suzon lui ressemble. Non nous n’en mourons pas mais nous n’en guérissons pas autant.

Merci à toi Enora, d’avoir partagé ton parcours de femme ayant une Suzon, une vie de femme tout simplement.

Voilà l’ami-e, je te retrouve vendredi prochain pour la critique du livre « Calendar Girl » du mois de février. Bisous 😀

livre un cri du ventre

livre un cri du ventre

 

Author: Jason

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.